Septembre 2026
Commode Louis XV : reconnaître, dater, estimer
Galbe, bâti, bronzes et estampille : ce qui sépare une commode d'époque d'une copie du XIXe.
La commode Louis XV est le meuble le plus copié du mobilier français. Les copies du XIXe siècle sont souvent excellentes, parfois mieux finies que les originaux — mais elles ne valent pas la même chose, et cela se voit.
Commencez par le galbe. Sur une commode d'époque, la courbe est en trois dimensions : la façade gonfle, les côtés aussi, et la ligne se poursuit sans rupture jusque dans les pieds. Sur beaucoup de copies, seule la façade est galbée ; les côtés restent plats.
Regardez ensuite le bâti, à l'intérieur, tiroirs sortis. Le XVIIIe emploie un bâti de chêne ou de sapin assemblé à tenons, plus grossier que la façade car il ne devait pas être vu. Un intérieur trop propre, en contreplaqué ou en bois blanc calibré, date la pièce du XXe siècle.
Les bronzes sont le troisième repère. Ciselés puis dorés au mercure, ils présentent un relief net et une usure qui suit la main. Les bronzes rapportés au XIXe sont plus épais, souvent estampés, avec une dorure jaune uniforme.
L'estampille enfin, frappée sur la traverse arrière ou sous le marbre : le nom de l'ébéniste suivi du poinçon JME de la jurande. Elle se lit à la lumière rasante. Son absence ne condamne rien — beaucoup de meubles provinciaux n'étaient pas estampillés — mais sa présence change l'estimation du tout au tout.
Une commode Louis XV provinciale en noyer, sans estampille, reste l'un des meilleurs rapports qualité-prix du marché : la même ligne, la même main, sans la prime parisienne.



